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L’échéance électorale, la présidentielle d’avril 2012 Adema

L’échéance électorale, la présidentielle d’avril 2012, qui doit en principe permettre au Mali de confirmer la bonne santé de sa démocratie, sera un moment particulièrement important pour l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti Africain pour la Solidarité et la Justice (ADEMA-PASJ). S’il se singularise admirablement  par un exercice éprouvant de la démocratie à l’interne à travers le choix de son candidat à la magistrature suprême, le PASJ et tout son peuple se doivent de faire un sursaut d’orgueil pour répondre, dans dix petits mois, à l’appel de l’Histoire. A l’appel tout simplement du respect des règles démocratiques. Quelle que soit la déception que cela puisse coûter aux différents courants qui s’affrontent à l’intérieur du parti.

Dans trois jours, c’est-à-dire le 23 juillet, le candidat de l’ADEMA à l’élection présidentielle 2012 sera connu. Il sera choisi inéluctablement entre 2ème vice-président du parti, Sékou Diakité, le 1er vice-président  Ibrahima N’Diaye dit Iba et le président du parti, Dioncounda Traoré. Ainsi, le parti le mieux implanté sur toute l’étendue du vaste territoire malien aura choisi un sérieux prétendant à la succession du président Amadou Toumani Touré au Palais de Koulouba dès le 8 juin 2012. Seulement, l’exercice de ce choix mérite qu’on s’y attarde.

D’abord, l’ADEMA est la seule formation politique du pays à se donner des textes du choix démocratique de ceux ou celles qui doivent défendre ses couleurs au niveau national. La désignation des candidats pour des mandats parlementaires ou locaux connaissant, elle, des fortunes diverses… L’exercice est, certes, périlleux mais c’est la preuve que le parti de l’abeille tient ou s’efforce de respecter les règles de la compétition démocratique.

Dans ce jeu, comme on le sait, c’est la règle de la majorité qui s’impose et qui l’emporte pour le choix à tel ou tel poste électif. Il faut préciser en passant que la démocratie à l’intérieur des formations politiques se fait désirer sous nos cieux.

La plupart de celles-ci ayant fait de leurs chefs de véritables gourous, inconditionnels candidats naturels à l’élection présidentielle, de non moins infatigables bailleurs de fonds bailleurs de fonds de « leur » parti qui peuvent tout faire et défaire à leur gré. Lorsque le grand timonier du parti est essoufflé ou vient à disparaître, sa formation politique meurt de sa belle mort. L’UFD de Me Demba Diallo, le MIRIA de Mamadou Lamine Traoré, l’UDM Jama Ka wasa d’Ibrahima Siby sont quelques unes de ces formations politiques qui ont pris ce sentier de mise en hibernation totale.

Revenant à l’ADEMA, il est loisible de constater la non-personnalisation de l’appareil. Ce qui justifie naturellement la compétition en son sein entre ses dirigeants, cadres et militants  pour être son porte-drapeau aux différents scrutins surtout la plus décisive comme l’élection présidentielle de l’an prochain.

Rester unis quel que soit le prix à payer

Seulement, la culture démocratique impose que, dans toute compétition, le choix final opéré par la majorité soit scrupuleusement respecté par tout le groupe. En l’occurrence, c’est le Comité exécutif (CE) du parti qui aura la lourde charge de désigner, dans quelques jours, le meilleur candidat pour le parti de l’abeille entre Sékou Diakité, Iba N’Diaye et Dioncounda Traoré. Chacun de ces prétendants a des qualités pouvant faire de lui un présidentiable, mais il est certain que seul l’un d’entre eux sera retenu le 23 juillet prochain.

Le vrai problème est la volonté réelle des protagonistes à respecter le choix qui sera fait par le Comité exécutif du parti. Les autres candidats à ces primaires de l’ADEMA auront-ils la hauteur d’esprit, la fibre de militant convaincu et respectueux des principes démocratiques pour soutenir celui qui aura été désigné afin de faire triompher le parti ? Les démons de la division referont-ils surface pour mettre la Ruche en lambeaux ? Face à ces interrogations, plusieurs responsables du parti affichent une sérénité à toute épreuve. « Tous les militants et cadres ont tiré suffisamment de leçons de nos précédentes divisions. Ils savent tous que nous avons notre destin en main. Notre survie se joue à l’aune de notre unité et de notre capacité à nous surpasser pour nous accepter mutuellement; malgré nos divergences d’appréciation », analysait, le lundi dernier à l’Assemblée nationale, le Secrétaire politique de l’ADEMA, l’ancien ministre Ousmane Sy. Et ce cerveau d’avertir que tous ceux qui iront à l’encontre de la décision du parti concernant le choix de son candidat seront proprement sanctionnés. Selon certains analystes, les abeilles iront à la présidentielle de l’an prochain avec toute leurs chances, s’il n’y a pas désertion de certains cadres pour soutenir d’autres candidats. C’est la preuve que l’ADEMA, la première force politique du pays, doit prouver, cette année, toute sa capacité à surmonter tous les écueils qui se dressent sur son parcours.

Le parti qui a marqué d’un sceau indélébile les dix premières années du parcours démocratique du Mali moderne, a, aujourd’hui, un devoir hautement patriotique : donner une leçon de démocratie à toute la classe politique et à tous les observateurs.

Il le fera s’il préserve son unité en s’appuyant sur des militants soudés par son impressionnante machine électorale d’un énième clash. Dioncounda Traoré et ses camarades  réussiront ce pari s’ils parviennent à mobiliser tout ce beau monde derrière le seul candidat que le CE choisira. Celui-ci peut avoir tous les défauts qu’on puisse observer chez un homme d’Etat, mais il aura, à coup sûr, toutes les chances d’installer le parti rouge et blanc sur la colline du pouvoir. Comme l’avait fait, il y  a de cela quelques années, Ignacio Lula Da Silva, cet ouvrier brésilien, le moins fortuné et le moins  policé des prétendants à la plus haute charge de l’Etat au Brésil.

En clair, Sékou Diakité, Ibrahima N’Diaye, Dioncounda Traoré, Marimanthia Diarra, Harouna Bouaré, Ousmane Traoré, Tiéoulé Konaté, les sept candidats aux primaires du parti de l’abeille et tous les militants doivent hisser au rang de valeur patriotique l’obligation d’accepter le choix fait par les mandataires que sont les membres du CE, le samedi 23 juillet prochain. Même si l’engagement de respecter le verdict final signé par les sept candidats n’a qu’une portée  morale.

Bruno D SEGBEDJI

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